Matinée musicologique

autour de "Royal Palace" et "Il tabarro"

Formes brèves et profondeur du théâtre lyrique


Formats des opéras et programmation au XIXe siècle

Il est devenu rare, de nos jours, qu’une maison d’opéra se risque à programmer deux ouvrages lyriques le même soir. Les opéras restés au répertoire occupent toute une soirée et il paraît désormais incongru d’assister à deux spectacles consécutifs. Pourtant, aux xviiie et xixe siècles, le programme multiple, associant au moins deux œuvres et mélangeant les genres (théâtre parlé, théâtre lyrique), était plutôt la règle. En rappelant quelques-unes des conditions de production qui prévalaient à l’époque de la création des œuvres du répertoire, l’on évoquera les raisons sociales et esthétiques qui justifiaient cet autre usage de la programmation à l’opéra de Montpellier à l’époque romantique.

par Patrick Taïeb, professeur au département de musique et musicologie de l’université Paul-Valéry – Montpellier 3 et chercheur au laboratoire IRCL (UPVM).

 

Vérisme et formes brèves

Dans le Prologue de Pagliacci de Leoncavallo (1892), après le prélude instrumental, le comédien Tonio déclame en chantant ce que l’on peut considérer comme le manifeste de l’opéra vériste : « Ce soir, l’auteur […] m’envoie encore vers vous, non pour vous dire, comme jadis : “Nos larmes, nos plaisirs, Messieurs, sont feintes. De notre douleur et de tous nos sanglots, ne vous alarmez pas !” Non, l’auteur a voulu surtout vous offrir un tableau réel de la vie. Il a pour seule loi que l’artiste est un homme, et que pour les hommes il doit écrire en s’inspirant à la source du vrai ». Pagliacci et Cavalleria rusticana de Mascagni, considérés comme des modèles de l’opéra vériste, s’incarnent dans des formes brèves, format qui sera repris par plusieurs compositeurs comme Puccini (Il Tabarro) ou Manuel de Falla (La Vie brève). À l’aide d’exemples tirés des partitions, on s’intéressera tout spécialement à la typologie des rôles, aux particularités du style vocal et aux formules mélodiques propres au vérisme. L’on constatera que la concision de certains de ces opéras convient parfaitement à la représentation fidèle de la vie, et à l’expression des passions, des émotions et du drame intérieur des personnages.

par Yvan Nommick, professeur au département de musique et musicologie de l’université Paul-Valéry – Montpellier 3 et chercheur au laboratoire RIRRA 21 (UPVM).


Opéra "Royal Palace / Il tabarro" du 10 au 16 juin - Opéra Comédie

Artistes

  • professeur au département de musique et musicologie de l’université Paul-Valéry
  • professeur au département de musique et musicologie de l’université Paul-Valéry

Dates

sam
11
juin 2016
14h