Exposition Fabien Teigné : L'atelier du scénographe

Maquette de scénographie exposée, plus tout à fait un outil et pas vraiment une sculpture ?

Scénario immuable, le dernier jour de montage des décors annonce le premier jour des répétitions, la maquette est remballée dans son carton. Tour à tour, symbole d’une commande, référent pour l’atelier de construction et outil pour penser la mise en scène, la maquette est soudainement soustraite de son statut privilégié. Entassées dans une cave d’opéra, oubliées sur les étagères d’un théâtre, abandonnées dans autant de cimetières à maquette, sur lesquelles la poussière pose une ultime teinte picturale, d’un gris mortuaire.

Cette exposition à l’opéra de Montpellier inaugure un nouveau processus de création. Dépoussiérées, rénovées, les maquettes sont ici agencées en un unique panorama. Rarement exposées, elles sont disposées et mélangées jusqu’à saturation comme pour dresser un état des lieux brut. Objet de fantasme et de curiosité, l’aura de ces maquettes subsiste même soustraites de leur contexte original. Est-ce l’effet de la petite échelle ? Le pouvoir de séduction de ce monde en miniature opère sur chacun d’entre nous. Il soumet notre imagination et nous projette aux frontières de notre enfance. Il nous détourne de nos repères. Il nous transpose, errant dans un univers irréel et baroque, dans lequel chacun visualise la part du non représenté.

En écho à cette installation centrale, l’exposition présente le cheminement mettant en œuvre une scénographie : des études documentaires, des croquis, des dessins en 3D pour ressentir l’espace, des maquettes en volume simple pour placer les différentes séquences de l’œuvre et enfin la maquette de présentation.

Dans chaque ville, on répète dans un nouveau décor, et en parallèle on prépare la prochaine maquette. Souvent loin du confort de l’atelier et de ses matériaux « nobles », balsa, carton plume, carton gris, ... c’est souvent avec tout ce qu’il y a sous le coude, que sont réalisées les maquettes : divers emballages, cageots, ...

Dépourvues de toute fonction, ces maquettes ainsi exposées, envahissantes et prolifiques, nous invitent à une autre histoire.

A partir du 24 novembre 2016 -  Salon Victor Hugo de l'Opéra Comédie